« C'est toujours d'amour que l'on écrit, et par amour, que cet amour soit de passion ou d'amitié, de famille ou de vacances, profond ou superficiel, léger ou grave. On écrit aussi et surtout par ce que quelque chose ne peut être dit, ou mal, que seule l'écriture peut porter L'écriture naît de l'impossibilité de la parole, de sa difficulté, de son échec. Il y'a les lettres qui remplacent la parole comme un ersatz, un substitut. Puis celles qui la dépassent, qui touchent par là au silence. Celles-là ne remplacent rien et sont irremplaçables. Ce dont on ne peut parler, il faut l'écrire Mais pourquoi s'écrire quand on peut se parler, quand on se parle effectivement? Par ce qu'on ne peut pas toujours parler, ni de tout. Par ce que la parole peut faire obstacle à la communication parfois, ou la vouer aux bavardages. Par ce qu'il faut prendre le temps d'être seule, d'être vrai, par ce qu'il est doux de penser a l'autre en son absence dû-on le voir le lendemain, de lui dire la place qu'il occupe dans notre vie, même quand il n'est pas là, dans notre c½ur, dans notre solitude. Et c'est ce que la parole ne sauras jamais faire, puisqu'elle l'abolit »