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En Confiance

En confiance, le sourire aux lèvres, l'insouciance et la naïveté règnent : « un petit séjour de repos ».L'omniprésence de mon humour déplacé ahuri infirmières et médecins.Une chambre vide prête à accueillir souffrances et sourires me cède un lit et une télé aussi lugubre que ... (qu'un hôpital j'ai envi de dire).La nuit, bien installé, bercé d'ignorance voulue inconsciente, fut courte : réveil à 6heure et quart, début des hostilités ? Juste une infirmière me demandant ma tension. Quel réveil... 8h15 un infirmier de blanc vêtu vient me chercher accompagné d'un lit mobile, prêt à m'amener aux portes de la mort, de lourdes portes blindées, insonorisé et autres assurant une parfaite herméticité du bloc opératoire. C'est à ce moment là que l'angoisse (ou le spleen comme le dirait Baudelaire) commence à annihilé mon sourire. On m'installe sur une imposante table, froide ou de nombreuses personnes ont vu leur souffle s'éteindre à jamais. Une aveuglante lumière tente de voiler l'activité incessante d'une horde de médecin s'agitant autour de moi. Leur blouse bleu, leur masque et leur charlotte me rappelait curieusement « Docteur House », excepté que là... c'est moi le malade.Une perf à droite, une perf à gauche, plus rien.L'absence totale de souvenir m'a provoqué une multitude de cauchemars et d'inquiétantes incertitudes m'obsédant : « me suis-je vraiment fait opérer » ? Les vives souffrances quoi que camouflées par de puissants antalgiques me donnent la réponse. Réveillé brusquement, totalement perdu, anéanti, déboussolé, désorienté, décontenancé, déphasé d'un geste brusque je faillis arracher électrodes et autres tuyaux m'accoutrant à un inconfortable lit de la région « soins intensifs ». Qu'est ce que je fais là ? « Bip, Bip, Bip » l'impérissable bruit ininterrompu de l'électrocardiogramme m'accompagnait dans mon incompréhension. Douleurs et médicaments favorisés une certaine amnésie passagère. Chaque ingestion de salive irrégulière animait déchirements et douleurs. Je me sentais vidé par le tuyau aspirant toutes traces de liquides secrétés dans mon estomac. Surveillé de prés par d'anxieuses machines indiquant hypertension et pulsations bien supérieur à la normale : 16.1 de tension, 96 Pulsation/minute. Elles s'affolèrent lorsque les médecins décidèrent de m'infuser de la morphine.Quelle erreur, « tachycardie » ! 120-130 Pulsation minutes, la transpiration affluer et ruisselait le long de mon corps, assourdi d'un battement résonnant intensif dans les tempes venant s'additionner aux douleurs postopératoires. A cette convulsion s'ajouta l'agitation des médecins, puis, plus rien... Quelques heures plus tard, un nouveau réveil. Noyé dans l'affliction nocturne, je comptais les heures durant la nuit. Incapable de parler et de bouger, une certaine folie m'envahit que je ne su calmer tout au long de cette interminable nuit douloureuse. 7 Heure, enfin, un infirmier réussis avec l'aide de médecins tant bien que mal à me relever et me déposer sur un fauteuil roulant jusqu'à la salle de radio ou l'on me fit boire un verre d'eau tout en recherchant une possible fuite gastrique suite à l'intervention... Il ne fallut pas moins de deux personnes pour me tenir debout. De retour dans ma chambre, l'attente se fit longue. Deux heures pleine et complète abandonné aux douleurs implacables, incapable de réfléchir ou de communiquer. Aucune fuite, on me retira perfs et tuyaux non pas sans douleur...Désormais, les gens qui me connaissait ne me reconnaitront plus. Un profond changement a été opéré, involontaire, mais bénéfique en tout points. Tant de faits que j'ai commis me paraissent maintenant ridicules. Ce séjour m'a bouleversé de l'intérieur. L'endroit intouchable. L'endroit qui contrôle tout, le véritable siège des émotions et de notre caractère qui fait de nous tout ce que nous sommes.Verdict, un estomac déplacé, le cardia refait, un diaphragme descendu et recousu, une réalimentation difficile sur 18 mois et une sortie précipitée demandé contre l'avis médical.
En  Confiance

# Posté le vendredi 03 novembre 2006 07:01

Modifié le dimanche 04 janvier 2009 13:40

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